Les jardins du Bois-Noir

Cela fait presque deux ans que je côtoie ces jardins. C’est peut-être une forme d’évasion du quotidien parfois redondant des études. Le lien à la terre est important pour mon équilibre. C’est une source d’énergie non négligeable pour moi, voir les plantes pousser. Sentir les odeurs de la pluie en été. Savourer la présence de la nature.

Un lieu de repos.

C’est aussi une manière de trouver un nouveau rattachement à la nature. Trouver un rapport plus cohérent entre l’homme et cette dernière, créer des projets respectueux de toutes formes de vies.

S’occuper d’un jardin, le cultiver, le chérir, c’est en quelque sorte la valeur d’un respect profond envers le vivant. L’espoir d’un monde en pleine transformation, une métamorphose vers la créativité, les échanges, et la bienveillance. L’espoir d’amorcer dans la conscience de certains le début d’une transition écologique. C’est aussi pour cette raison que les Jardins du Bois-Noir est un projet en permaculture, c’est-à-dire, prendre soin de la terre en créant des écosystèmes favorables à une biodiversité foisonnante.

Au-delà de cet aspect, il y a l’attachement social où le lien collectif qui nous lie a son importance. Des moments d’échange, de rassemblement, c’est aussi cela qui est bénéfique pour nous tous.

Chacun peut y trouver son compte, ses raisons. Les Jardins du Bois-Noir c’est un lieu pour tout le monde, pour expérimenter des nouvelles formes de partage ou d’agriculture.

Hélène Laubscher

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Jardins partagés, jardins potagers ? Avant toute chose, ils sont d’abord un lieu de diversité où l’attention au monde végétal et animal est sans cesse source d’émerveillement. Deux chaises s’y trouvent et d’autres sont à venir pour permettre à l’écoute de prendre pied dans un monde fabuleusement varié que les cinq sens ne suffisent pas à découvrir. Le mouvement y est permanent. L’herbe laissé haute y abrite par exemple un nombre incroyable d’insectes qui se font connaître au passage pour crier gare à la destruction de leurs habitats. Et c’est aux antipodes du gazon que ces jardins se placent pour tenter la culture de comestibles au milieu de la diversité, non sans la déranger, mais s’y intégrant.

Permaculture comme culture de la relation entre les êtres d’un monde qu’on nous pousse à oublier au profit d’une modernité désenchantée, alors que les fées abeilles, bourdons, papillons, fourmis, pucerons, scarabées, escargots, limaces, … sont là, au milieu des majestueux tournesols, discrètes pommes de terre, petits oignions, thyms parfumés, ample rhubarbe ou filiformes plants de sarrasin. Les jardins du Bois-Noir sont un lieu de rencontre entre les êtres, entre les gens, entre la nature et la culture. On y teste la croissance des comestibles avec ou sans connaissances préalables, avec ou sans les mains, mais en finissant toujours par y rencontrer des Hélène, Jessica, Roberto, Céline et les enfants du collège de l’Ouest ou un promeneur (de chiens) en balade.

Alors, si vous avez envie de changer de monde, si vous aimez écouter, observer, expérimenter dans ce petit coin de paradis, contactez Hélène Laubscher au Lycée Blaise-Cendrars ou rendez-vous sur le site des jardins du Bois-Noir : https://www.lesjardinsduboisnoir.ch.

Et pour terminer ce petit parcours initiatique aux jardins du Bois-Noir, je vous recommande de lire « Le Jardin jungle – Arche de biodiversité » (2021) de Dave Goulson, où vous apprendrez à aimer les perce-oreilles, de fascinantes petites bêtes qu’il fait bon avoir dans son jardin, et les pommes qui seront un jour au Bois-Noir.

Vincent Guyot