Le nouveau guide du Travail de maturité

1. Cadre général du travail de maturité

1.1. Domaine du travail de maturité

Le travail de maturité (TM) consiste en un travail de recherche ou de création réalisé par l’élève au cours de sa formation gymnasiale, sous la supervision d’une ou un mentor qui lui est attribué au début de la démarche.

Le choix du sujet qui sera traité dans le cadre de ce travail peut s’effectuer dans les 7 domaines d’études suivants :

FrançaisMathématiques
Langue 2Langue 3
Option spécifiqueOption complémentaire
Prolongement de l’ATI

1.2. Mode d’organisation

  • Le mentor qui encadre l’élève tout au long de la réalisation de son TM, de la définition du sujet à la soutenance orale qui clôt la démarche, est nécessairement un enseignant lié au domaine d’études dans lequel il a inscrit son travail. Pour l’ATI (atelier interdisciplinaire), cette personne sera l’un des trois enseignants ayant animé l’atelier suivi par l’élève.
  • La désignation du mentor, qui se fait à l’amorce du projet, est du ressort des colloques de branches et de la direction.
  • Le TM s’effectue de préférence sur un mode individuel, mais une réalisation par groupes de 2 ou 3 élèves est également autorisée. Dans ce cas de figure, la collaboration des partenaires est requise à chaque étape du travail (planification, recherche ou création, rédaction, soutenance) de manière à ce que tous puissent attester avoir suivi la démarche de bout en bout et atteint les objectifs du TM.
  • Malgré la liberté importante dont dispose l’élève quant au choix de son TM, c’est bien le mentor qui, en cas d’incertitude ou de contestation, fixe les objectifs et les modalités de la démarche.

1.3. Forme du travail

  • Dans le cas d’un travail de recherche, qu’il se fonde ou non sur une expérimentation scientifique, le rapport écrit doit être livré sous la forme d’un dossier dactylographié d’environ 15 à 20 pages (10’000 mots), annexes non comprises. La longueur du rapport peut dépendre de la discipline et, si cela se justifie, être plus court.
  • Dans le cas d’un travail de création (œuvre littéraire, musicale, artistique…), la réalisation à proprement parler s’accompagne d’un commentaire écrit de la démarche entreprise. Cette partie d’environ 5 pages (2’500 mots) revêt une dimension réflexive et analytique ; il s’agit de problématiser et de mettre en perspective sa création en la confrontant à des œuvres existantes, esthétiquement et thématiquement proches.
  • Dans tous les cas, le rapport écrit doit être rédigé avec clarté, en français ou dans l’une des langues enseignées au lycée si le travail le justifie.
  • Le TM devrait idéalement représenter une soixantaine d’heures de travail pour l’élève, soit 3 heures par semaine scolaire, entre la première rencontre avec le mentor (mai de la 2e année) et le moment de la reddition du travail (janvier de la 3e année), cela sans compter le temps consacré aux lectures.
  • Fin janvier, à la date prescrite, l’élève remet en mains propres à son mentor 2 exemplaires de son travail (sous forme de dossiers classeurs mis à disposition par l’école) ainsi que le Carnet de bord rempli par les deux parties (si c’est cette forme de suivi qui a été choisie ; cf. point 2.3.). Le premier exemplaire est l’original, il peut être imprimé en couleur à la médiathèque et demeure propriété du lycée (à l’issue des soutenances, le mentor le remettra au secrétariat) ; le deuxième est imprimé en noir-blanc et il sera donné à l’expert. En parallèle et à la même date, l’élève adresse à son mentor la version numérique de son TM, selon des modalités définies par la direction.
  • Les frais inhérents à la réalisation du TM incombent à l’élève (achats de livres, matériel pour un travail de création, reproduction de documents, déplacements pour des entretiens, visites de musée, etc.), sauf si le matériel acquis reste propriété du lycée une fois le travail terminé.

1.4. Calendrier : du choix du sujet à la soutenance orale

2e année de lycée – lancement du travail de maturité

  • Janvier-février. Des informations générales sur le TM, ses modalités et ses finalités sont données aux élèves fin janvier par la direction ; elles sont complétées et précisées en février dans le cadre des ATI et à l’occasion de discussions avec les enseignants des différentes disciplines. Les élèves sont invités durant cette période à s’approcher de leurs professeurs pour leur soumettre de premières propositions ou solliciter leurs conseils.
  • Mars. L’élève propose un avant-projet pour son TM. Il indique le type de travail qu’il souhaite entreprendre (recherche ou création), le domaine d’études auquel il se rattache et le sujet qu’il désire traiter. Il remet à ce moment-là une inscription en utilisant le formulaire distribué par la direction. Sauf circonstances exceptionnelles, l’élève ne pourra plus changer le domaine qu’il a choisi.
  • Début avril. La direction et les colloques de branches constituent les paires mentors-élèves, en cherchant à concilier l’intérêt de l’élève et les compétences spécifiques mises à disposition par le corps enseignant.L’élève ne peut pas choisir le professeur qui suivra son travail ; ce dernier n’est en outre pas nécessairement un enseignant de la classe à laquelle appartient l’élève.
  • Fin avril début mai. Une première rencontre entre l’élève et son mentor est fixée, au cours de laquelle sont examinées et discutées la pertinence et la faisabilité du projet. En cas de doute, l’enseignant en réfère à la direction.

3e année de lycée – réalisation du travail de maturité

  • Vacances d’été. Durant les vacances d’été précédant le début de la 3e année, l’élève effectue les premières recherches et les premières lectures qui lui permettront de s’imprégner de son sujet et d’en affiner la problématique.
  • Août-janvier. C’est au cours du premier semestre de la 3e année que le TM se concrétise. Les élèves et les mentors disposent dans leur grille-horaire de deux heures bloquées afin que des rencontres régulières – à la demande des uns et des autres – puissent être organisées et que la supervision du travail soit assurée. Au minimum 5 rencontres seront mises sur pied durant cette période, auxquelles s’ajoutent les contacts réguliers qui s’établissent entre l’élève et son mentor par d’autres canaux (échange de courriels, envoi de commentaires, contact téléphonique…).
  • Fin janvier. Remise du TM par l’élève à son mentor en mains propres (cf. point 1.3). Une fois le travail déposé, il n’y a plus de modification ou remédiation possible.
  • Fin février – début mars. Le vendredi précédant les vacances du 1e mars, se tient la soutenance du TM, soit un examen oral d’une durée de 20 minutes au cours duquel l’élève défend son travail devant son mentor et un expert qui est un autre enseignant du lycée. Pour les travaux de groupe, la soutenance orale dure 30 minutes, voire davantage si le groupe est constitué de plus de deux élèves.

2. Accompagnement du travail de maturité

2.1. Principe général

Quel que soit le sujet du TM, la conduite et le suivi des élèves est assuré par le corps enseignant du lycée ou une autre personne compétente mandatée par la direction.

2.2. Compétences méthodologiques en jeu

La réalisation d’un TM, qu’il s’agisse d’un travail de recherche ou d’un travail de création, implique la mise en œuvre de diverses compétences méthodologiques qui lui préexistent ou qui sont acquises au travers de cette démarche spécifique :

  • De façon générale, l’enseignement dispensé dans le cadre de la formation gymnasiale contribue à développer chez l’élève les aptitudes et l’attitude nécessaires au travail de recherche et de création. Ces éléments sont nettement renforcés dans le cadre du TM.
  • L’ATI mis sur pied en 2e année est conçu pour préparer les élèves au TM. Ils y apprennent les diverses facettes de toute méthodologie de recherche (construction d’une problématique, constitution d’une bibliographie, élaboration d’un protocole d’expérimentation, réalisation d’entretiens, apprentissage de la collaboration, etc.).
  • La réalisation du TM est un moment particulier d’apprentissage du dialogue avec la pensée de l’autre. A travers les lectures qu’ils effectuent et les œuvres qu’ils découvrent, les élèves développent leur propre pensée, apprennent à vérifier la validité des sources consultées et sont sensibilisés à la nécessité de citer explicitement et intégralement les références qu’ils utilisent (problématique du plagiat).

2.3. Carnet de bord ou autre forme de suivi

  • Dès le dépôt de son projet personnel et durant tout son parcours de recherche ou de création, l’élève tient un Carnet de bord mis à disposition par le lycée. Il fait régulièrement état des étapes franchies, du temps consacré à la réalisation des tâches, des échéances fixées. Le mentor y inscrit également toutes les remarques susceptibles d’aider l’élève dans la gestion de son TM et évoque les difficultés rencontrées s’il y en a. En fin de parcours, ce Carnet de bord est remis par l’élève avec son TM ; les traces qui y sont consignées permettent d’éclairer la mise en œuvre du projet durant toute sa gestation ainsi que le travail d’accompagnement du mentor.
  • Le suivi du TM peut également être assuré sous une autre forme, à la convenance du mentor, via la plateforme Moodle ou des échanges réguliers de courriels. Dans ce cas, et pour les raisons évoquées ci-dessus, le mentor est tenu de conserver ces traces.

2.4. Mandat du mentor

Le mandat de l’enseignant chargé de la supervision d’un TM comprend principalement les tâches suivantes :

  • Accueil de l’élève.
  • Clarification du sujet et de la problématique.
  • Aide à la planification du travail dans le temps.
  • Recommandations méthodologiques et bibliographiques.
  • Supervision des éventuels contacts avec les instances et les personnes extérieures à l’école.
  • Accompagnement lors du démarrage de la recherche, des expérimentations ou du travail de création.
  • Rencontres périodiques avec l’élève pour assurer le suivi de son travail.
  • Gestion de la charge de travail de l’élève.
  • Évaluation de la mise en œuvre de la démarche, du travail fini et de la soutenance orale.
  • Le mentor n’est pas tenu de corriger formellement ou sur le fond l’intégralité du TM avant sa reddition. Mais il rend l’élève attentif au niveau d’exigence que doit atteindre son TM.

3. Évaluation du travail de maturité

3.1. Évaluation formative

  • Durant tout le processus de réalisation du TM (construction de la problématique, phase de recherche ou de création, période de rédaction, mise en forme finale), l’élève bénéficie de la part de son mentor de remarques, d’indications et de conseils réguliers. Ce suivi est le garant d’une évaluation formative devant permettre à l’élève de progresser continuellement et de mesurer l’avancement de son travail par rapport aux objectifs visés dans le cadre de cette démarche.
  • Le Carnet de bord et les bilans intermédiaires qui y sont consignés ou les autres formes de suivi choisies par les mentors rendent compte de ce processus et incitent l’élève à l’auto-évaluation.

3.2. Évaluation sommative et certificative

  • L’évaluation finale du travail de maturité repose sur la combinaison de trois notes pondérées. Sont pris en compte :
  1. La mise en œuvre du projet, évaluée exclusivement par le mentor.
  2. Le rapport écrit (pour un travail de recherche) ou la création et son commentaire écrit (pour un travail de création), évalués conjointement par le mentor et l’expert.
  3. La soutenance orale, évaluée conjointement par le mentor et l’expert.
Éléments évaluésPondération
Mise en œuvre du projet10%
Rapport écrit / création et commentaire écrit50%
Soutenance orale40%
  • L’élève n’obtient aucun commentaire de la part de son mentor entre la remise définitive du dossier et la soutenance orale.
  • Le jury qui évalue le dossier et assiste à la soutenance orale est constitué de deux membres, le mentor et un expert qui est un enseignant du lycée ou, parfois, une personne externe. L’avis d’un second expert peut en certaines circonstances être sollicité, notamment dans le cas de travaux insuffisants ou litigieux.
  • Pour la soutenance orale, l’élève ne dispose comme supports que du rapport écrit de son TM et, dans le cas d’un travail de création, de sa réalisation artistique. Aucun autre matériel n’est autorisé.
  • Les résultats sont communiqués le lundi suivant les vacances du 1e mars. Un certificat est délivré à l’élève. Le mentor livre à celui-ci un bilan détaillé de l’ensemble du travail (mise en œuvre, dossier, soutenance orale) éclairant et justifiant les notes qui ont été attribuées. Ce bilan peut se faire sous la forme d’un entretien personnel ou d’un compte rendu écrit. En cas d’insuffisance, le bilan écrit est exigé.

3.3. Critères d’évaluation

Mise en œuvre du projet

  • Engagement et implication de l’élève aux différentes étapes du TM.
  • Organisation, planification du travail.
  • Autonomie.
  • Respect des échéances et des rendez-vous fixés.
  • Aptitude à prendre en considération et à mettre en œuvre les recommandations du mentor.
  • Progression tout au long de la démarche, sur les plans méthodologique, réflexif, analytique, créatif, rédactionnel, etc.

Travail de recherche

  • Problématique correctement posée.
  • Hypothèses / questionnements clairement formulés.
  • Introduction bien documentée.
  • Saisie des enjeux et des présupposés qui guident le travail de recherche.
  • Cohérence argumentative et/ou démonstrative (fil rouge).
  • Qualité de l’analyse.
  • Rigueur méthodologique et/ou scientifique.
  • Perspective critique (et autocritique) alliée à une « contextuali-sation ».
  • Qualité des sources, pertinence de la bibliographie.
  • Capacité à dépasser une simple compilation et « autonomie » dans la conduite du travail.
  • Originalité et ampleur du sujet.
  • Maîtrise du code formel.

Travail de création

  • Problématique correctement posée.
  • Hypothèses / questionnements clairement formulés.
  • Saisie des enjeux et des présupposés qui guident le travail de création.
  • Qualité du dialogue critique avec des œuvres (littéraires, artistiques, musicales) ressortissant au même champ de création, thématiquement et/ou esthétiquement.
  • Originalité et ampleur du sujet traité.
  • Maîtrise du langage propre au domaine de création choisi, de ses ressources, de ses enjeux esthétiques.
  • Qualité de la réalisation : portée et sens de l’œuvre, cohérence interne, adéquation entre la forme et le fond.
  • Réflexivité sur son travail de création.
  • Qualité des sources, pertinence de la bibliographie.
  • Maîtrise du code formel.

Soutenance orale

  • Aptitude à porter un regard critique sur son propre travail.
  • Appréciation de ses qualités et de ses limites.
  • Saisie a posteriori des enjeux de son TM.
  • Capacité à prolonger la réflexion, à tirer des liens avec d’autres domaines du savoir et/ou de la création.
  • Richesse des réponses apportées aux questions posées par le jury.
  • Esprit d’analyse et de synthèse.
  • Maîtrise de la langue à l’oral, structuration du propos, aisance oratoire.

3.4. Travail de groupe

  • Dans le cas d’un travail de groupe, l’évaluation est collective ; les partenaires tiennent un Carnet de bord commun où chacun inscrit ses remarques, ses bilans, ses tâches (une autre forme de suivi est possible également ; cf. point 2.3.).
  • Des notes différenciées peuvent toutefois être attribuées aux élèves en fonction de leur engagement dans le travail et de leur maîtrise de la matière.
  • La soutenance orale d’un tel travail est commune, chacun étant bien évidemment appelé à s’exprimer.

3.5. TM et certificat de maturité gymnasiale

  • La note du travail de maturité entre en considération dans les critères d’obtention du certificat de maturité gymnasiale. Elle constitue l’une des 14 notes sur lesquelles celui-ci se fonde.
  • Le titre du TM est en outre indiqué sur le certificat de maturité et ne doit pas dépasser 100 caractères.

3.6. Autres dispositions réglementaires importantes

En fin de 2e année

Suite à une non-promotion :Choix pour l’élève : soit reprendre le même TM dans le courant de l’année répétée, soit commencer un nouveau projet.

En fin de 3e année

TM non rendu dans les délais ou soutenance orale non réalisée :Cela entraîne un échec à la session d’examens. L’élève doit choisir un nouveau TM au moment de refaire son année.
Fraude ou plagiat portant sur le TM :Cela entraîne aussi un échec aux examens, donc un redoublement de l’élève et la nécessité de commencer un nouveau TM.
Échec à la maturité :Choix pour l’élève : soit il conserve la note de TM acquise durant l’année, soit il recommence un nouveau TM dans le courant de l’année répétée.

3.7. Mise en valeur des travaux de maturité

  • Chaque année, la Commission des concours du Lycée Blaise-Cendrars récompense divers travaux de maturité se distinguant par leur originalité, leur créativité, leur pertinence.
  • Les lauréats reçoivent, à l’occasion de la cérémonie de clôture, des prix attribués par diverses fondations, associations et entreprises qui soutiennent les activités de notre école.
  • Ce sont les mentors qui décident, avec l’accord des élèves concernés, de soumettre à la Commission des concours les TM qui leur paraissent particulièrement dignes d’intérêt.
  • La mise en valeur des TM peut également prendre la forme d’une exposition, d’une publication, d’une représentation, etc.

Lycée Blaise-Cendrars

La Direction, mai 2020