Stasys Le Chat Muche

-VERNISSAGE-
MA 26.03.19 17:00
Lycée Blaise Cendrars
45 rue du Succès
2300 La Chaux-de-Fonds

HORAIRE EXPOSITION
En semaine, 08:00 – 17:00

DI 05.05.19 14:30
Lecture au musée du Chat Muche par Cyril Kaiser

SA 23.06.19 14:30
Rencontre-dédicace au musée avec Stasys, en
présence de de Francine Bouchet, directrice des
éditions La joie de lire.

ACTIVITÉS AU LYCÉE
Ateliers – rencontres avec des classes
Contact secrétariat : 032 886 38 50
lyceeblaise-cendrars@rpn.ch

COMMISSARIAT
MBA : David Lemaire
LBC : Direction du Lycée Blaise-Cendrars et APOYV

MUSÉE DES BEAUX-ARTS
RUE DES MUSÉES 33
2300 LA CHAUX-DE-FONDS
MBA.VCH@NE.CH
WWW.MBAC.CH
MA-DI 10:00-17:00

Le Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds et le Lycée Blaise Cendrars s’associent pour présenter en deux expositions distinctes le travail de Stasys Eidrigevičius.
En 1985, l’auteur chaux-de-fonnier Yves Velan fait appel à Stasys pour illustrer un livre pour enfants qu’il avait de longue date promis à sa fille – déjà devenue adulte. L’humour pince-sans-rire, la qualité d’écriture et les
thèmes abordés (la morale, les visions, le langage) semblent du reste moins
destiner ce texte aux enfants qu’à ceux qui le leur liront. Stasys, non-francophone, se laisse piéger par ces subtilités lexicales et commence à travailler en pensant illustrer l’histoire d’une famille de chats et non celle des rapports compliqués entre une maisonnée d’humains et un félin tourmenté. Bien qu’il ait rapidement été détrompé, certains dessins semblent n’entretenir que des rapports de voisinage éloigné avec le texte et fonctionner plutôt comme relais de l’imaginaire. Stasys travaille au pastel sur des papiers contrecollés de même format que le livre fini. Les différents niveaux de lecture du texte lui permettent de déployer des motifs personnels tels que les superpositions d’objets, les télescopages d’échelles et la transgression des marges.
La réédition du Chat Muche offre la double occasion de rendre hommage
à l’écrivain, décédé en mai 2017, et d’exposer les dessins originaux de l’artiste.
Quelques documents d’archives, correspondances et travaux préparatoires
viennent enrichir le dossier de l’exposition, réalisée avec l’Association pour
la promotion de l’œuvre d’Yves Velan.
Stasys Eidrigevičius est né en 1949 à Mediniškiai, Lituanie. Il vit une par-
tie de l’année à La Chaux-de-Fonds.

Stasys est un artiste complet, comédien, metteur en scène, performeur, et surtout peintre, illustrateur et créateur d’affiches. Le Lycée Blaise-Cendrars a l’immense plaisir de présenter 63 affiches qui se déclinent comme autant de petits « théâtres », mettant en scène les grandes chroniques de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle.
Les affiches de Stasys dépeignent des marionnettes aux grands yeux, des lanceurs d’alerte, « crieurs » de papier qui dessinent en quelques traits l’amorce narrative d’une pièce de théâtre ou d’un film.
Comme ses grands prédécesseurs affichistes, Stasys a une signature.
Il invente une chimère, mi-homme, mi-pantin. Ses figures (souvent manipulées, étranglées ou percées par des fils, cordes, nœuds) fascinent par leur onirisme. Mais le rêve peut être une critique subversive du monde. Sous leur masque et avec leur aspect hybride, elles interrogent la condition humaine, montrent notre incomplétude, notre manière d’être « chapeauté » et traversés par les discours dominants. Elles inquiètent, mais, dans le même temps, leur innocence et leur humour invitent à oser regarder les anomalies du monde, à apprivoiser le chaos. Stasys aménage un espace où le jeu est possible sans pour autant nier l’abîme. Il nous aide à domestiquer les monstres qui deviennent « couvre-têtes » ou « têtes-bêtes ».
Ses hommes – râteaux, – marteaux, – ciseaux, – oiseaux, ses têtes-livres, – éven­tails, pianos, – triangles, ses yeux – tournesols, – manches, – bœufs évoquent les incertitudes quant à la nature de l’homme souvent privé de liberté.
Mais ces hommes sont surtout des hommes déchirés, transpercés, tiraillés, de vrais pantins – aux mains de qui ? Ils ne pèsent pas lourd dans les bras de la justice, mais gardent les yeux ouverts et nous appellent à faire du fil qui nous manipule, un fil qui peut nous faire danser, à retrouver notre fil d’Ariane et à réinventer la bohème de Rimbaud.
La bibliothèque tératologique se mue en cabinet de merveilles avec un sens de la scénographie qui ouvre les portes de l’imaginaire.